
J'ai du mal à faire comme avant.
J'ai du mal à montrer ce visage un peu rêveur et calme que j'ai le sentiment d'offrir aux autres.
C'est comme si celle que j'étais avant remontée à la surface.
Cet esprit perdu qui possède un regard noir, qui regarde un tableau où se dessine la souffrance, qui parfois préfère fermer les yeux, sachant qu'il ne peut rien faire. Le noir attise la souffrance, mais elle reste à l'intérieur.
Mes deux visages se battent, l'un avait gagné, mais l'autre refait surface dans un moment de fragilité.
Qu'espérais je ? que cette insouciance que j'essayais de protéger allait résister à jamais ?
Mon sourire simple et doux s'efface de mes lèvres, l'incompréhension le dévaste... La souffrance de chacun reste présente, on peut l'oublier quelques instants, mais jamais indéfiniment.
Je lutte, mais je sens l'ombre m'envahir, doucement.
Cet hiver est décidément trop long, le soleil me manque, les promenades oisives ne sont plus là, la grisaille et le froid sont comme des chaînes. J'ai besoin de respirer, de marcher sous le ciel bleu, rêveuse. Le monde au bord des yeux.
J'ai froid.
Le brouillard, aussi attirant soit-il, et comme un étau sur ma gorge.
Les pensées ne cessent de m'envahir, comme des voix que je ne peux taire.
J'ai mal à la tête, mais je ne peux que serrer les dents et regarder cet espace autour de moi. Regarder les gens défiler comme des acteurs sur une scène de théâtre.
J'ai l'impression d'en perdre le sens, il y a tant de regard, j'aimerais tous les comprendre, mais mon individualité m'en empêche.
Mes mots volent, mais je n'ai pas envi d'en dire plus, je sais que ce message va passer sur ce qu'on appèle affreusement un " blog ", sur mon BLOG.
Ce qui se passe dans ma tête ? ça ne regarde personne, j'aime pas parler.
Certains feront remarquer que ce texte prouve le contraire, mais quelques mots ne veulent rien dire. C'est comme si je donnais un passage de roman, on comprend un peu, on comprend ce que l'on veut et peut comprendre, mais l'histoire n'est pas révélée. Le tout reste secret.
Je ne sais pas, ce blog ne me correspond peut-être plus, peut-être que j'ai envi de dire des choses mais que je ne me sens pas suffisamment à l'aise pour les afficher. J'en ai écrit beaucoup pour ensuite les effacer ou les laisser au chaud dans mon disque dur, loin des regards.
Les couleurs m'agacent, beaucoup de choses m'agacent sur ces pages. Peut-être que c'est moi que je ne supporte plus en ce moment. Après tout, je ne suis qu'une adolescente, moi aussi je suis bourrée de complexes de merde. Je les accepte mieux d'habitude.
Bref, tout ça pour dire que je pense plus ou moins fermer ce " blog " (je crache vraiment le mot). Pas définitivement. Peut-être le temps d'une semaine ou deux. Plus ?
Je ne sais pas, je ferrais tel que le cœur m'en dit. Peut-être que si, finalement, je le fermerais définitivement. Je n'attends pas de " ho non ! continus ! ", c'est qu'un blog.
J'attends le printemps avec impatience.